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Je suis malade de ma culture

 

Comment peut-on instaurer une culture de démocratie , alors que certains fonctionnaires de la culture

pratiquent la marginalisation et la restriction gratuite..

L'autocensure dont j'ai fait preuve et que je me suis imposée d'appliquer, n'est elle pas suffisante, pour éviter d'être interdit.

 

« Je suis malade de ma culture »

 

 

 

Il aurait été plus facile pour moi d'éviter de parler de la santé sexuelle. Mon spectacle aurait connu moins d'embarras, mais parce que j'ai refusé l'indifférence , je considère qu'il est urgent de dénoncer les interdits qui pèsent sur notre conscience et inhibent notre existence .

Pourquoi dois-je m'abstenir, alors que plusieurs de mes confrères, ainsi que d'éminentes personnalités artistiques partout dans le monde s'y sont investis corps et âme ?

Dois-je comprendre que je mérite d'être interdit parce que dans mon spectacle, j'ai osé dénoncer nos tabous, dévoiler nos complexes, nos frustrations et les interdits qui nous habitent. Dois-je comprendre que je mérite l'exclusion, parce que j'ai mis en dérision l'autorité du faux, le double langage et la tricherie?

L'autocensure dont j'ai fait preuve et que je me suis imposée d'appliquer, n'est elle pas suffisante, pour éviter d'être interdit ?

Mon spectacle est-il alors censuré ? Officiellement non. Mais administrativement oui, à l'encontre de l'attente de mon public et dans l'indifférence totale des officiels.

Que mon spectacle dérange les conservateurs parce qu'il dénonce le non-dit, Je le comprends; qu'il soit choquant pour les petits esprits et qu'il les surprenne parce qu'il secoue leur inertie, je le comprends aussi .. mais Je ne m'attendais pas que les O.N.G. et organismes concernés telle que l'association antisida, ne réagissent pas pour dénoncer l'exclusion de mon spectacle parce qu'il prêche avec succès l'antisida. A ma grande surprise, ils ont tous observé un mutisme sans précédent.

Pire encore Monsieur Mâala responsable chargé de communication de l'association antisida Tunis considère que c'est une affaire privée et que l'interdiction de mon spectacle ne concerne pas son association. Cette association qui nous demande de soutenir ses efforts pourquoi nous ignore-t-elle quand nous nous impliquons dans sa cause. N'aurait- Il pas fallu profiter du succès de « Echikouloulou » pour élargir sa campagne auprès du grand public que ses réunions et ses colloques seuls, ne sont pas capables d'atteindre.

N'est-il pas du ressort des responsables de santé, chez nous, en Tunisie, de s'opposer à de tels propos qui tendent à bloquer tout effort, visant à épargner notre jeunesse et la prévenir de ces fléaux?

Leur silence n'est il pas une complicité ?

Pourquoi nous marginaliser d'avantage, minimiser plus encore nos succès, réduire nos impacts et affaiblir notre présence auprès de notre public.

 

 

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