Après les obstacles que mon spectacle "Ech
Ikouloulou" a rencontré et que j’ai eu l’occasion d’en parler dans mes
articles précédents (voire le
lienhttp://www.benyaglane.net/article-18604407.html ) me voici, chers amis,
affronté de nouveau aux même problèmes, si non pire, à cause de mon
spectacle « Naabbar wella ma Naabbarch » dont j’ai obtenu le visa en 2005 .
Dieu sait ce que je fais pour échapper à la censure ; car je tiens à
rencontrer mon public et à garder toujours le contact avec lui .Oui grâce à
lui je respire et sans lui j’étouffe. Suis-je ,alors, censuré ?
Officiellement non mais je me trouve exclu de tous les festivals 2008 sans
exception. La censure peut prendre des formes multiples et déguisées pour ne
pas se montrer comme telle. En effet, en principe , et après les succès
répétés que mon spectacle a connus lors des dernières représentations que
j’ai données au théâtre de la ville de Tunis (voire l'adresse du lien vidéo
ci-joint)
http://www.benyaglane.net/article-20254734.html je devais pouvoir être
programmé dans la majorité des festivals d’été 2008 ; surtout, pour le
public des régions où je n'ai pas joué ma pièce "Naabbar wella ma Naabbarch"
et dont certains sont venus jusqu’à Tunis pour me voir la présenter. Eh bien
non.
Je me trouve exclu de tous les festivals 2008 sans exception. Aucun des
370 festivals en Tunisie ne m'a programmé. Est ce que à ce point tous les
directeurs des festivals me détestent. Je ne le pense pas. Est-ce à ce
point, partout, le public en Tunisie ne veut pas de moi? Ont-ils, alors,fait
un sondage pour aboutir à une telle conclusion? Ou est ce que à ce point mon
spectacle 3Naabbar wella ma Naabbarch" ne plait à personne ? Et mes succès,
de Mars-MAI et juin au Théâtre de Tunis, comme le prouvent les photos ici
présentes, sont-ils à ces points virtuels ? Et la presse qui témoigne de ces
succès et qui titre "le public en demande encore" est ce de la fiction? je
vous laisse deviner la réponse. Je suis exclu parce que je tiens des propos
qui mettent en dérision l'établi, le faux et le semblant. Je suis exclu
parce que dans mes déclarations à la presse et aux médias j’ai, souvent,
dénoncé le vide culturel qui règne dans nos régions. Je suis exclu parce que
je revendique pour mes collègues, qu’ils puissent, eux aussi et partout en
Tunisie, trouver les moyens de rencontrer leurs publics.Voilà pourquoi, je
ne prétends pas que, parce que j'ai des problèmes que forcément la culture
va mal, mais c'est parce que précisément la culture va mal, que moi, comme
des dizaines d’autres, j'ai des problèmes. Je suis convaincu que le paysage
culturel, grâce aux lois et les moyens financiers qui sont consacrés à la
culture, peut être mille fois plus riche et mille fois mieux que ce qu’il
est maintenant. Alors pourquoi ce n’est pas le cas ? La réponse, pour moi,
est évidente. C’est parce que chez nous,La culture n’est pas structurée en
fonction des règles d’organisations propres aux professions culturelles ; et
de ce fait elle ne peut pas répondre aux besoins culturels du pays. Parce
que aussi les acteurs de la culture, créateurs dans tous les domaines, ne
sont pas associés à l’encadrement professionnel de la culture et de ce fait
n’importe qui peut avoir de l’autorité sur la culture. Souvent on voit gérer
un festival comme on voit gérer une superette. Pourquoi ? Parce que les
administrateurs culturels n’ont pas, toujours, la totalité du pouvoir sur la
culture et de ce fait ils deviennent incompétents dans leur domaine. La
plupart de ces administrateurs n’ont comme soucis majeurs que de se servir
de leur fonction pour passer à d’autres fonctions qu’ils concédèrent
meilleures ; car, pour nombreux d’entre eux, c’est une bonne promotion que
d’être nommé secrétaire général du RCD ou gouverneur. Cela les assure d’être
bien placés auprès du pouvoir et des centres de décision, au lieu que ce
soient eux qui rassurent ce pouvoir qui les nomme de bien exercer leurs
mission pour le bien fonctionnement culturel. Alors, Comment peuvent-ils se
soucier des besoins culturels des citoyens si eux ne ressentent pas
l'obligation et l’urgence culturelle. Dois-je comprendre que je mérite
d'être exclu parce que je me suis donné le droit et le devoir de m'exprimer
sur ce qui me concerne. Désolé ! Mon franc parler dérange les responsables
concernés parce que je désigne le mal et surtout parce que je n’utilise pas
le "bendir" pour tenir mes propos. Désolé, c’est parce que j'assume mon
choix d'être artiste que je me donne le devoir de critiquer et dénoncer
l'incohérence car tout ce qui touche à la culture me concerne. Tout artiste
digne de ce nom se doit d'être concerné par la situation de son collègue. La
moralité de l'art rejette l'indifférence.
Il paraît, donc, que mon spectacle ne convient pas à l’actualité. Mais je
suis sûr que la censure déguisée et l'exclusion qu'on me fait subir,
n'empêcheront pas le public d'agir; car, La culture ne concerne pas que les
artistes. Cher public, Chers amis, la parole est à vous.